Vous êtes ici : Non classé   

Pilote de Ligne ou Gladiateur ?

Le parcours de Patrice Alexandre serait-il encore possible de nos jours ? Issu d’un milieu modeste, le rêve de devenir pilote de ligne ne l’a jamais quitté et les embûches ont été nombreuses. Avec un bagage scolaire mince, il fallait beaucoup de détermination et également de la chance pour finalement atteindre son but. Son chemin n’a pas été rectiligne, loin s’en faut, et il est passé par la fonction d’officier mécanicien navigant, parmi les derniers formés, sur DC-10 à la compagnie UTA, pour finalement devenir pilote de ligne.

Comme il l’écrit lui-même, ce livre n’est pas une autobiographie car il ne livre aucun détail sur sa vie privée. On ignore donc les impacts que ses choix professionnels ont pu avoir sur sa vie personnelle, et vice-versa. De même, il a pris le parti de ne pas citer ses amis et les personnels qu’il a côtoyés. Tout au plus sont-ils cités dans les remerciements en fin d’ouvrage.

On peut être surpris par le faible nombre de photographies qui illustre le livre, car le visage de l’auteur n’est visible que sur la couverture, et la majorité des photographies des types d’avions qu’il a pilotés, très peu nombreuses au demeurant, sont fournies par d’autres. Cela reste donc dans la droite ligne éditoriale évoquée par Patrice Alexandre.

Le livre se lit assez facilement, le style est simple et fluide. L’interligne double repose les yeux. Si l’auteur donne l’immatriculation de l’avion de son premier solo, étonnamment il ne précise pas le type d’avion. Idem, lorsqu’il évoque son tour du monde en DC-10, il explique arriver à Tokyo dans un Boeing 747 d’Air France, mais on ne sait pas comment le DC-10 y est arrivé…  Ni à quoi sert ce tour du monde, qui ressemble à du tourisme plus qu’à un vol technique. On a parfois des répétitions, par exemple lors de l’évocation des attentats du DC-10 d’UTA et du 747 de Lockerbie. Ce chapitre sur les conditions de contrôle des bagages fera écarquiller les yeux du plus grand nombre, tant nous nous sommes habitués aux nouvelles normes drastiques dans les aéroports. Un lexique en fin d’ouvrage explique le jargon propre au métier, il aurait fallu peut-être être plus explicite pour les béotiens du milieu aéronautique, qui ne savent peut-être pas ce que vaut un pied ou un nœud.

L’amitié occupe une place importante dans l’ouvrage, et l’importance des choix de vie également. Ce qui fait regretter d’autant plus l’anonymat des amis et le manque de photographies personnelles. On voudrait presque la voir cette moto Norton, ces îles polynésiennes ou ces cabines de pilotage.

Ce récit pourra servir de modèle à d’autres, désirant devenir eux aussi pilote de ligne, et démontre que le travail et l’engagement constant vers un objectif à atteindre permet d’abattre des montagnes.

 

Jocelyn Leclercq

Ouvrages édités par
Ouvrages de
Sur le sujet
En bref
format 15,2 x 23 cm 332 pages couverture souple ISBN 9 798251 949100 édité à compte d’auteur, disponible sur Amazon 22,16 €