En mars 2009 (bigre ! Il y a 17 ans… ), dans une première recension de cet ouvrage de Pascal Berriot, Frédéric Marsaly écrivait :
« Si nos bibliothèques regorgent de récits de combat, d’historiques de la guerre aérienne, de traités stratégiques, on note qu’il n’existe presque aucun livre sur la technique de pilotage en combat aérien. C’est cette lacune que se propose de combler Pascal Berriot avec son Initiation au pilotage de combat. P.Berriot a été pilote de chasse, et après avoir goûté du Mirage F1, il a passé dix-sept ans comme instructeur dans l’armée de l’Air, sur Alpha Jet et Tucano, ce qui lui apporte une incontestable expérience. Le combat aérien demande un pilotage un peu différent de la voltige dont on pourrait penser qu’ils sont des domaines proches ; il n’en est rien car par exemple lorsqu’une boucle doit être bien ronde pour être bien jugée en compétition de voltige aérienne, un pilote de chasse ne se préoccupera que de la gestion de l’énergie de son avion pour se retrouver dans la bonne position lui permettant de tirer sur son adversaire (ou à contrario de lui échapper). Cette notion de gestion de l’énergie du chasseur est l’une des notions les plus longuement développées dans ce livre, car c’est la clef de la réussite en combat aérien. »
Cet ouvrage, édité initialement par Altipresse, paraît aujourd’hui chez Cépaduès dans une seconde édition, revue et grandement enrichie. Même si la pagination est un peu modifiée, on passe tout de même de 136 à 267 pages ! Outre cet approfondissement du texte, on nous offre, signe de l’évolution des temps et des techniques, de nombreux QR-codes qui permettent d’accéder à certains ouvrages de référence et à des séquences vidéos à but pédagogique ou de mise en garde. De petits récits sont également inclus (vrille à plat de Chuck Yeager par exemple, confrontation des principaux appareils lors des conflits connus, plus anciens ou récents).
Les schémas sont très explicites, complétés de courbes et d’abaques et les formules mathématiques sont souvent données, même si on réalise que ce manuel s’adresse plus à un manœuvrier aux commandes qu’à un aérodynamicien au tableau noir (*).
L’ouvrage se termine par une riche bibliographie.
À l’heure ou les drones commencent à prendre le pas sur les avions conventionnels pilotés par des être humains, avec pour ces derniers leurs limites physiques et psychologiques mais aussi avec leur fabuleuse adaptabilité et leur intelligence « non artificielle », la place du pilote est évoquée. En attendant que nous soyons tous remplacés par des robots, voici un ouvrage dont la lecture nécessite trois mains, car on se prend vite au jeu : une pour tenir le livre, une pour tourner les pages, et une pour tracer dans l’espace les « oreilles », les « yoyos » et autres « huit paresseux » que l’on se met à vivre. Pour les « ciseaux », il vous en faudra même une quatrième…
Jean-Noël Violette
Note * : étrangement, au chapitre 1.2.1.3 concernant le facteur de charge en virage, on nous dit bien que sous α = 60° d’inclinaison, n=2G, mais la formule assez simple n = 1/cos α n’est pas donnée.



