Ce petit livre présente, sous la forme d’un roman, le parcours initiatique d’un jeune homme qui le mène au pilotage d’un planeur. Cela part d’une bonne intention de l’auteur, Philippe Fleury, qui nous explique en 4e de couverture que son but est de déclencher des vocations et de les accompagner, tout en expliquant la longueur, mais aussi la richesse, de cet apprentissage.
L’ouvrage se présente sous la forme d’une série de mini chapitres de une ou deux pages. Techniquement, la construction est surprenante. Quand on raconte une histoire, on peut utiliser une forme de “narrateur participant” dans laquelle on est acteur, ou de “narrateur témoin” où l’on décrit simplement ce qui se passe. Ici l’auteur a choisi un troisième mode, celui de “narrateur omniscient” qui nous permet de savoir, chacun à son tour, ce que pensent les personnages. Ou plutôt une formule intermédiaire, il intervient lui-même dans certains passages, et au petit chapitre suivant on se retrouve dans la peau et dans les pensées d’un autre personnage. C’est un peu déroutant car toutes les deux pages c’est un jeu de piste où il faut commencer par comprendre qui parle.
La confusion est donc grande au départ (*), et il faut bien s’accrocher à sa lecture pour, finalement, entrer dans le roman. Je ne sais pas ce qu’en pensera alors un nouveau venu qui aura franchi cette première épreuve, mais le vélivole expérimenté finira par retrouver les situations, les pratiques et les interactions sociales qu’il aura connues dans le cadre d’un club de vol à voile, avec satisfaction car elles sont bien rendues.
En cela, ce petit ouvrage est très représentatif de l’apprentissage de l’activité planeur : comme pour cette lecture, on est un peu déboussolé au début, la progression est parfois décousue, on peut avoir envie d’arrêter mais il faut s’accrocher et le plaisir finit par arriver.
Alors, accrochez-vous !
Jean-Noël Violette
Note * :
– On peut donc faire un premier vol à seize ans à l’insu de ses parents, sans autorisation parentale (page 18-19) ?
– On décolle au treuil page 20 pour se retrouver en remorqué page 21 ?
– On nous explique la découverte du treuil page 54, alors qu’on en parlait déjà page 20 ;
– Pourquoi des mots en gras ? On comprend à l’usage qu’ils sont explicités en fin d’ouvrage ;
– Pourquoi les photos ne sont-elles pas légendées ? Pour un pilote chevronné, elles sont évidentes, mais ne sont-elles pas ici pour le profane ?



