L’Institut aérotechnique (IAT) de Saint-Cyr-l’Ecole a été créé en 1911 à l’instigation d’Henry Deutsch de la Meurthe, voulu comme un laboratoire dédié à la maîtrise des lois de l’air et à la sécurisation du transport aérien. Longtemps resté à l’avant-garde de l’innovation scientifique et technologique, il fête donc cette année ses 115 ans. Il fut rattaché au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) en 1933.
Cet anniversaire est accompagné par la sortie d’un copieux ouvrage retraçant cette épopée, rédigé de manière collective sous la houlette de Patrick Gilliéron, bien connu de l’Aérobibliothèque pour maintes publications, et de Clodoald Robert, actuel directeur de l’institut. Les noms des différent(es) rédactrices et rédacteurs sont souvent indiqués en tête de chapitre et/ou présentés en fin de livre.
Ces chapitres s’articulent ainsi :
1) Création de l’Institut aérotechnique (bulletin et discours de l’inauguration, naissance de l’aérodynamique expérimentale, historique des premières années) ;
2) Les installations et notamment les différentes souffleries ;
3) Biographies des directeurs de l’IAT (très détaillées, jusqu’à leurs diverses publications !) ;
4) Témoignages ;
5) Retours d’expériences ;
6) Les brevets (avec des QR-codes permettant d’y accéder) ;
Annexes : lien au vol à voile (a), aux sports, à la bicyclette, conventions, liste de collaborateurs, mémoires et thèses, glossaire des sigles et abréviations, table des matières détaillée.
L’ouvrage est bien illustré de documents en noir & blanc et en couleur, selon les époques. Le tableau récapitulatif des souffleries, page 138, est particulièrement intéressant.
Dans cette profusion d’information, on peut regretter les petits défauts des travaux collectifs, mais c’est la limite de l’épure :
* des redondances régulières (b) ;
* parfois un doute entre les informations données par les uns et les autres (c) ;
* une relecture qui a dû être difficile (d).
Bien que présenté aujourd’hui dans l’Aérobibliothèque, tout le livre n’est pas forcément aéronautique. Nous élargissons ainsi notre intérêt à plusieurs champs aérodynamiques collatéraux : missiles, sous-munitions, trains (TGV), automobile, voiliers, pyrotechnie, architecture, sport (ski, cyclisme)… Le chapitre regroupant les témoignages (231 pages !) rend l’ensemble plus vivant, et met en valeur un grand nombre de chercheurs et techniciens issus de la formation professionnelle, ce qui est assez logique pour un institut rattaché au CNAM. A noter celui, adorable, de Patrick, fils du directeur Frédéric Gruson, alors enfant puis adolescent dans les années 50 et 60 : une belle tranche de vie !
Les année récentes évoquent la course au numérique et la question de l’obsolescence des souffleries traditionnelles, forces et faiblesses.
Au bilan, voici un ouvrage brillant comme un kaléidoscope, présentant de multiples angles de vue intéressants.
Jean-Noël Violette
Notes :
a) lien au vol à voile via l’ouvrage « Planeurs et avions Maurice Brochet« .
b) redites et double utilisation de photos :
* notes sur les personnages principaux, par exemple Lelarge pages 75 et page 82, G.Lepère, Joukowski, Prandtl… ;
* photos pages 79 et 282 ;
* plans pages 80 et 283 ;
* photos pages 97 et 287 ;
* schéma pages 100 et 291 ;
* photos pages 210 et 285…
c) doutes :
* reprise des essais aérodynamiques pendant la Première Guerre mondiale en 1915 (page 75), ou en 1916 (page 79) ?
* la première soufflerie connue dans l’histoire, en 1871, est-elle de Francis Wenham (page 65) ou de V.A.Pachkévitch (page 192) ?
d) par exemple, la traditionnelle erreur « Bréguet » au lieu de « Breguet » qu’on pourrait penser éradiquée à la relecture : pages 140 , 293, 403, 431… (et correcte page 141).



